Vendredi 28 août 2009 5 28 /08 /Août /2009 01:31

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J'arrive dans le commissariat, la brigade me dévisage, ils me font entrer dans une salle, je regarde autour de moi : deux cellules de garde à vue avec une porte vitrée donnant sur un bureau, l'une est occupée par un homme, la quarantaine, qui dort dans son vomi, ... Mon escorte me laisse sur un banc et m'ôte les menottes à ma demande.

Je raconte une nouvelle fois les faits à un autre policier. Pour le moment, je n'ai pas le courage de regretter quoi que ce soit, je ne réalise pas ce qui m'arrive. Je n'ai pas peur, je ne suis pas triste. Je leur demande combien de temps je vais rester sur ce banc, on me répond qu'il ne faut pas que je m'inquiète, la cellule vide à ma droite a été réservée spécialement pour moi... 

1h30, je suis assis sur le banc en pierre de la cellule, il y a des graffitis, des délinquants fiers de l'être qui y ont laissé leur nom ou surnom, d'autres, ont mis des commentaires, « Arrête de cogiter, ce qui devra arriver arrivera » et « la prison, c'est dur, la liberté, c'est sûr ! » En lisant le mot prison, un frisson me parcourt le corps, je commence peu à peu à réaliser. Je m'inquiète pour la victime, et si je l'avais tué ? Peut-être que je ne lui ai fait que des petites égratignures et que dans la prochaine heure, je serai relâché ? Peut-être est-il en train de perdre son sang à l'hôpital ? J'ai peur. Je commence vraiment à stresser, il me faut une cigarette, je pense de plus en plus à la victime : Luc.

2h00, je me souviens de ce film, Usual Suspects, le héros disait que pour montrer que l'on n'a rien à se reprocher, en garde à vue, il faut dormir. De toute façon, je suis mort de fatigue. Le médecin m'a donné un calmant, il n'a pas trop d'effets mais je vais me forcer, et il faut que je sois en forme pour mon retour à la maison demain. Je me couche sur ce banc de pierre, ferme les yeux et attends que le sommeil m'emporte.
Par Olivier Soz
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Vendredi 28 août 2009 5 28 /08 /Août /2009 01:30

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Samedi, 00h30, je cours instinctivement en direction de ma maison, je crois que j'ai fait la pire connerie de ma vie, je ne réalise toujours pas, tout s'est fait si vite, Voilà dix minutes que je cours, dernier virage avant l'entrée de ma maison, je pense à ma mère, comment vais-je pouvoir lui raconter ça ? Que va-t-elle en penser ? Des gouttes de sueur coulent le long de mon visage sans que je m'en rende réellement compte, je suis trop préoccupé par ce que je viens de faire, j'aperçois la maison, bientôt la fin de ma course, je ralentis le rythme, je suis essoufflé. Dans ma tête tout est mélangé, je ne sais pas comment cette histoire va finir.

J'arrive devant chez moi, je m'arrête brusquement, une Laguna enclenche les pleins phares dans ma direction et démarre en faisant crisser les pneus, on se croirait dans un film américain. Par réflexe défensif, je fais demi-tour et lance ce couteau qui est la cause de tous mes ennuis, je cours le plus vite possible, la voiture s'approche de plus en plus, puis deux personnes en descendent et crient : « Police ! ». Je me retourne, j'aperçois un homme en uniforme, agenouillé, un pistolet braqué dans ma direction, je m'arrête net. Puis tout se passe en un éclair, je me retrouve allongé sur le ventre, menotté, dans ma rue... les policiers me bombardent de questions, je ne réponds pas, je ne suis pas conscient de ce que j'ai fait ni de ce qui m'arrive maintenant.

Je regarde autour de moi, je vois un de mes amis d'enfance qui passe et qui me regarde, j'ai honte, je tourne la tête pour ne pas être reconnu. Puis, une autre voiture de police arrive, cette fois-ci elle n'est pas banalisée, le policier me relève, et me pousse à l'intérieur, mes menottes me serrent, j'ai très mal.

Sur le chemin du commissariat, les policiers m'interrogent sur les faits, je leur explique et leur demande de me desserrer les menottes. 
Par Olivier Soz
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Vendredi 28 août 2009 5 28 /08 /Août /2009 01:26
Olivier, 17 ans, incarcéré à la maison d'arrêt de Bois d'Arcy pour une affaire de vengeance, découvre l'univers carcéral. Il raconte sa vie en taule au jour le jour, ses six mois à vivre comme « une racaille pour se faire respecter ».

A travers le récit, il détaille le racket, les passages à tabac pendant les promenades, les tentatives de suicides, le mitard, les relations avec les surveillants et le fonctionnement de l'administration pénitentiaire.

La suite du récit au jour le jour.
Par Olivier Soz
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  • : Le blog de Olivier Soz
  • Le blog de Olivier Soz
  • : bois prison cellule prisonnier Vie perso / Journal intime
  • : Olivier, 17 ans, incarcéré à la maison d'arrêt de Bois d'Arcy pour une affaire de vengeance, découvre l'univers carcéral. Il raconte sa vie en taule au jour le jour, ses six mois à vivre comme « une racaille pour se faire respecter ». A travers le récit, il détaille le racket, les passages à tabac pendant les promenades, les tentatives de suicides, le mitard, les relations avec les surveillants et le fonctionnement de l'administration pénitentiaire. La suite du récit au jour le jour.
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